Comprendre les pleurs des enfants

Au cours de sa vie, et ce dès la naissance, un enfant connaîtra des périodes de pleurs plus ou moins intenses et différentes selon son âge, ses étapes de développement et sa croissance. 

Ces pleurs sont aussi un passage inévitable de recherche de compréhension et d’accompagnement pour le parent, car ils sont avant tout, un moyen de communication : il peut s’agir d’une réponse de stress, mais aussi une réponse à une situation d’inconfort voir ne l’oublions pas de souffrance, d’une traduction de ses besoins, ou d’une décharge émotionnelle. 

Les pleurs, même si ils sont parfois impressionnants et incompréhensibles par moment, ne sont pas nécessairement un signe de souffrance. Ils sont aussi et bien souvent l’occasion pour l’enfant d’évacuer les émotions négatives refoulées ou les hormones de stress accumulées durant les temps d’éveil, d’où l’importance de laisser libre cours à ce processus physiologique propre à l’être humain.

Comprendre les pleurs des enfants : une réponse physiologique.

    • Un mécanisme naturel des émotions refoulées : lors d’expériences douloureuses, l’être humain ressent un ensemble de blessures (tant physiques qu’affectives). Il retient des tensions, des sentiments de malaise jusqu’à ce qu’il puisse suivre le processus physiologique de la décharge émotionnelle, mécanisme naturel de guérison pour rétablir positivement les effets douloureux. 
    • Pleurer est le processus qui libère de la souffrance ou de « tension » : d’où la nécessité d’encourager à utiliser le pleur, quel que soit l’âge.
    • Un droit d’exprimer ses émotions : lorsqu’il pleure, le bébé ou l’enfant exprime son mécontentement, son émotion, son inconfort. Ces pleurs ne sont en réalité que des « symptômes » liés au changement auquel il doit faire face. Vivre l’émotion jusqu’au bout permet de s’adapter à ce changement progressivement.
    • Une réponse du cerveau sur 3 zones

=> Le cerveau archaïque (avec l’amygdale cérébrale), est mature dès la naissance. Par conséquent, lorsqu’un bébé (ou un enfant) sent un malaise, l’amygdale se met en état d’alerte, ce qui déclenche une sécrétion d’hormones de stress : cortisol, adrénaline et noradrénaline. Ces hormones permettent de répondre à la situation. 

=> Le cortex préfrontal, est immature à la naissance. Il commence à se mettre en place vers 5-6 ans, et atteint sa maturité entre 25 et 30 ans. Il permet d’analyser si la menace détectée par l’amygdale cérébrale est réelle ou pas. Lorsque l’amygdale cérébrale se déclenche chez un bébé par exemple, il se met à pleurer en continu car ce qu’il vit en ce moment l’angoisse étant donné qu’il ne peut pas analyser les situations.

=> Le cortex orbito-frontal ou cerveau émotionnel, est totalement immature jusqu’à 5 ans, ce qui peut entraîner de véritables tempêtes émotionnelles. Plus un parent est empathique avec son enfant lors de ces tempêtes, plus il va lui permettre de faire « maturer » son cerveau. Cela se produira autant sur le plan cognitif, qui comprend les facultés d’apprentissage, de mémorisation, de pensée et de réflexion ; que sur le plan affectif, qui englobe la gestion des émotions, des sentiments, ainsi que les capacités relationnelles.

Comment vivre les pleurs des enfants ? 

 1 Décoder, comprendre, identifier les messages de pleurs.

 2 Reconnaitre, répondre, donner du sens de manière adaptée aux messages de pleurs, ou laisser l’enfant s’exprimer afin qu’il puisse se sentir entendu avant de rechercher trop vite à stopper les pleurs en proposant des compensations. 

 3 Faire descendre la tension : nécessité pour l’enfant de sentir la présence de l’adulte, qu’il se sente soutenu et contenu, posture à hauteur de l’enfant, contact physique associé à une parole, voix rassurante, douce et posée, ton réconfortant et sécurisant…

Parfois nous minimisons l’émotion de l’enfant mais il est essentiel de la reconnaître et la contextualiser. Plus le parent est précis sur son comportement, ses mots, ses réponses, plus il y a cohérence, et plus cela apporte un sentiment de sécurité à l’enfant. Ceci lui permettra de se sentir davantage en confiance, s’apaiser, se livrer et exprimer les émotions à venir.

Solutions pour accompagner les pleurs des enfants : 

Chaque pleur exprime une émotion renvoyant à un besoin. Pour décoder ceux-ci et pouvoir y répondre, cela nécessite toute la disponibilité et la sensibilité du parent. 

Pour les plus petits, l’observation des signes de fatigue, de l’état de santé (fièvre, chaleur, rougeur…) ou des potentiels soins à apporter, permettent d’aiguiller. 

Pour les plus grands, les signes de fatigue et d’émotions (frustration, colère, tristesse…), mais aussi la parole permettront de cibler davantage le comportement à adopter. 

Lors de pleurs de soin : 

La souffrance et le malaise sont à écarter avant toute chose : la fièvre, les hurlements stridents ou incessants doivent alerter ! 

Il peut s’agir autrement de faim, de fatigue, un inconfort de température, de couche mouillée, de rot coincé, douleur, coliques, poussées dentaires…, dans ce cas les signes et la recherche des causes permettent de diriger et ajuster le comportement parental (vérifier la couche, toucher la nuque, essayer de changer de position pour faire un rot, masser le ventre pour les coliques, bercer ou le coucher si la fatigue s’exprime…).

    • Parler avec une voix douce et rassurante, prendre bébé dans les bras le plus souvent possible. Les nourrissons aiment être portés contre soi. Le contact humain leur permet de se relaxer, de se calmer, de réduire leur niveau de stress et se sentir en sécurité. 

    • Donner un bain ou prendre un bain avec lui.

    • Offrir un environnement calme : lumières, bruits, musique douce, berceuse, chanter…

    • Eviter les surstimulations.

    • Maternage proximal : allaiter, peau à peau, bercer, portage, danser…

    • Balade dehors…

Bébé est un être à part entière, il sera donc nécessaire de repérer ce qui fonctionne pour lui, il aura probablement des techniques d’apaisement de prédilection. 

Lors des pleurs des plus grands enfants :

Il sera nécessaire pour l’accompagner, de faire preuve de compréhension, verbaliser, prendre le temps d’écouter sans le juger ni chercher à le raisonner, le faire participer à la recherche d’une solution (par exemple : « comment cela se manifeste en toi, dans quelle partie du corps, que voudrais-tu pour que ta peur soit moins grande ..?»). 

Rester calme et essayer de nommer les émotions de l’enfant, l’encourager à parler pour dire ce qu’il ressent, s’aider « de roue des émotions » par exemple…et lui montrer de la compréhension, l’habitueront à verbaliser librement ses émotions, sans nécessairement passer par les pleurs.

Au plus le parent sera en mesure de faire preuve d’empathie au plus il offrira une réponse apaisante, l’enfant ayant besoin que ses/son parent(s) soi(en)t près de lui et disponible(s).

Comprendre les besoins des jeunes enfants

=> Besoin de sécurité, de stabilité et d’anticipation :
Sentiment d’insécurité, peut être lié  à l’imagination qui s’active surtout vers l’âge de 3 à 4 ans ou cela devient plus important. Cela peut aussi être une anxiété pour certains, en lien avec un changement de routine…

    • Anticiper et décrire en amont lorsqu’il y a un rdv, une nouvelle activité, une sortie, un changement de routine.

    • Regarder avec lui des livres sur les personnages qui font peur et échanger ensemble sur ceux-ci.

    • Peur liées au coucher : instaurer ou renforcer la routine du soir pour les éventuelles peurs liées au coucher (car cela marque un moment de séparation). Pour cela il est essentiel de prendre le temps de remplir le réservoir affectif par la présence chaleureuse (à partir de calins, chansons, histoires douces, bercements, massages, refaire le tour de la journée, mots d’amour…).

=> Besoin d’autonomie, frustration, colère :
Vers 2 à 3 ans car il s’agit d’une étape normale de son développement ou il s’affirme et souhaite devenir autonome. Même s’il veut faire les choses seul, il n’en est pas toujours capable. Cela peut entraîner des frustrations, et donc des crises de larmes. Les repas, le bain et l’habillage sont des moments où les pleurs liés au besoin d’autonomie surviennent souvent.

    • Donner la possibilité d’être autonome, le faire participer, l’impliquer, le rendre coopératif

    • Ne pas essayer de le raisonner s’il est en crise de contrariété mais plutôt attendre que ça passe en se rappelant qu’il ne se maîtrise plus et n’est pas en état d’écouter. Rester près de lui, une fois la crise terminée donner l’affection pour le sécuriser et l’aider à exprimer l’émotion qu’il a vécue.

=> Besoin de repos, de tranquillité, de quiétude :
De 1 à 3 ans, l’enfant vit tellement de découvertes et d’apprentissages que cela lui prend souvent énormément d’énergie. De plus, il peut avoir vécu plusieurs petites frustrations durant sa journée. Quand vient le soir, il peut être irritable, s’opposer, se décharger par une petite contrariété qui indique en réalité un « trop plein ». C’est un signe de fatigue et le besoin d’être entouré, réconforté.

    • Diminuer les exigences et essayer de le réconforter pour l’aider à se détendre. 

    • Si possible, mettre en route la routine du soir plus tôt, proposer des activités calmes, des histoires, un bain…

=> Besoin d’attention :
L’enfant pleure pour attirer l’attention ou s’invente même des maux.

    • Mettre des mots sur la situation.

    • Donner de l’attention avant qu’il en demande en allant au-devant du besoin d’attention. Un temps exclusif de 20minutes au moins, chaque jour idéalement ou du mieux possible répété par semaine. Ce temps doit être dédié, particulier, à un seul enfant à la fois, sans écrans, sans porter son attention ailleurs, en le laissant choisir et décider du jeu, de l’activité…. Idées d’activité, de jeux : dessin, collage, transvaser, jouer à la poupée, aux petites voitures, corde à sauter, cache cache, chatouilles, massages….

    • Le plus important est qu’il se sente en connexion, qu’il ressente qu’il est important pour  son parent. 

À retenir sur les pleurs des enfants

    • Lorsque l’enfant pleure, il essaie généralement de dire que quelque chose ne va pas, par exemple qu’il a peur, qu’il veut quelque chose, qu’il est fatigué ou qu’il a mal.

    • Être près de son enfant, l’écouter et l’aider à mettre des mots sur ce qu’il vit le réconforte et le sécurise car être présent, et montrer notre attention à lui est déjà une réponse.

    • L’encourager à dire ce qu’il ressent pour petit à petit apprendre à s’exprimer autrement qu’en pleurant.

    • Essayer de rester calme et de respirer profondément si l’on ressent de l’angoisse à ne pas réussir à calmer son bébé ou son enfant, et manquer de confiance en soi.  En effet, les bébés et les enfants sont très sensibles aux émotions des adultes, poreux de leur environnement.

    • Si l’on ressent des difficultés, il est préférable de demander de l’aide et de se retirer. Ceci est tout à fait naturel et humain.

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